Jean-Luc Tafforeau : Le pouvoir des livres

La maison d’édition AO – André Odemard fête ses 10 ans. Son fondateur, Jean-Luc Tafforeau, y célèbre sa passion des livres, le roman noir et son grand-père.
Jean-Luc Tafforeau : Le pouvoir des livres

Il sort de sa poche un petit carnet qu’il a transformé en livre. Une capsule temporaire nous projetant en 1966. Et dans le regard de Jean-Luc Tafforeau, on distingue clairement les étoiles qui brillaient déjà dans les yeux d’un petit garçon de 10 ans. « Tout jeune, je rêvais de faire des livres. Je me souviens très bien être allé à la papeterie pour trouver un carnet qui ressemble le plus possible à un livre. J’ai écrit une histoire et imaginé une maison d’édition qui l’aurait publiée », se souvient ce Villeurbannais de 63 ans qui, d’un jeu de gosse, a fait un métier.

À l’époque de ce premier ouvrage, Jean-Luc Tafforeau a un complice: « Mon grand-père me soutenait dans ce jeu. Il savait mon amour des livres et il m’avait construit une petite bibliothèque. Il m’avait aussi proposé d’être mon éditeur pour rire et, sur ce petit carnet, avec ses chapitres, ses pages numérotées, son sommaire, ses illustrations et même ses publicités, j’ai ajouté la mention “AO éditions” pour André Odemard ». Alors en 2009, quand Jean-Luc Tafforeau décide de se lancer – pas pour rire – dans l’édition, c’est naturellement le nom de ce grand-père qui trône sur la couverture du premier livre publié.

Carnet de Jean-Luc Tafforeau

 

La route de Jean-Luc Tafforeau n’a pourtant pas été pavée que de pages imprimées. Originaire de Grenoble, ce diplômé de Sciences Po Paris est d’abord maître d’ouvrage dans le logement social. Quand il arrive à Villeurbanne, en 1996, il devient informaticien. Cette même année, il envoie le texte d’un polar aux éditions Fleuve noir. Le roman est publié, pile 30 ans après la transformation du petit carnet en premier livre.
«J’ai finalement sauté le pas en 2009, en lançant ma maison d’édition, tout en gardant à mi-temps mon activité dans le conseil en informatique », raconte celui qui a aussi rédigé plusieurs ouvrages sur ce dernier thème. En 10 ans, AO éditions a vendu près de 14 000 livres. « Je suis soutenu par les librairies de Villeurbanne, Fantasio et Lettres à croquer, et mon réseau de distribution s’étend. Je participe à de nombreux salons avec les auteurs, c’est une façon de se faire connaître que j’apprécie car on est au contact des lecteurs », explique l’éditeur.

Il est aussi partenaire de l’association villeurbannaise Dora-Suarez, qui œuvre pour la promotion du roman noir et du polar (www.dora-suarez.com) : « Nous avons lancé une collection au format poche. Ce sont des nouvelles d’auteurs connus ou à découvrir ». Fan de ce genre de littérature, Jean-Luc Tafforeau publie aussi les aventures lyonnaises (et à succès) du commissaire Séverac, que la plume de Jacques Morize entraine dans tous les quartiers de la ville.

AO éditions, ce sont aussi des livres sur la montagne –« une passion de famille » –, l’informatique, la musique, l’art, la poésie…
Et le petit garçon de 10 ans ? Il n’a pas disparu. L’an passé, il a écrit une aventure… de Bob Morane, le héros de ses jeunes années, publiée par l’éditeur belge du célèbre aventurier. Le pouvoir des livres...

 

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