Décès de Zbeida Saidane, figure du quartier Jacques-Monod

Zbeida Saidane était une figure emblématique de Villeurbanne, en particulier de son quartier Jacques-Monod, qu’elle a profondément marqué de son empreinte. Et de sa présence.

Décès de Zbeida Saidane, figure du quartier Jacques-Monod

Née en 1946 à Mateur, une ville du nord de la Tunisie, Zbeida est arrivée en France à l’âge de onze ans, suivant sa famille et son père, réfugié politique. A vingt ans, elle apprend qu’elle est atteinte d’une grave maladie, dont elle sortira vivante mais paralysée des membres inférieurs. C’est dans sa faiblesse qu’elle dit avoir découvert sa force. Entre deux séances de rééducation, elle mène une formation d’éducatrice spécialisée. En 1978, alors toute jeune diplômée, elle se voit confier par le maire Charles Hernu, le relogement des familles de la cité alors appelée Olivier-de-Serres, dont il engage le projet de démolition. Elle accomplit sa mission avec une grande humanité et gagne la considération des habitants. Dès lors, c’est à ce quartier qu’elle consacre sa vie.

Elle mène toute sa carrière d’éducatrice spécialisée au sein de la Slea (société lyonnaise pour l'enfance et l'adolescence). Auprès des jeunes filles et des jeunes garçons, elle porte une parole d’émancipation. L’éducation est son cheval de bataille, convaincue que la liberté c’est d’obtenir un diplôme pour avoir un travail. Aux habitantes et habitants, sa porte est toujours ouverte. Elle écoute. Elle rassure. Elle aide à résoudre les problèmes du quotidien. Elle organise les solidarités : l’accompagnement scolaire des enfants, auxquels elle est très attachée ; les repas pour les plus démunis dans le cadre des « Chorbas du cœur » ; des actions humanitaires au sein de l’ « Association Monod Solidaire », notamment en direction de la Tunisie, son pays d’origine dont elle n’a rien oublié.   

« En 2012, nous lui avions remis, avec Gilbert Chabroux, les insignes de la Légion d’honneur. Une cérémonie à son image : simple, chaleureuse et souriante, se souvient le maire de Villeurbanne Jean-Paul Bret. Zbeida Saidane avait coutume de dire qu’à Villeurbanne, chacun trouve sa place grâce à son histoire. La sienne est celle d’une vie au service des autres. D’une générosité et d’un courage immense. Son engagement, son dévouement, son intégrité, l’exemplarité de son parcours et de ses combats, ont fait honneur à notre ville. A sa famille, à ses proches, à celles et ceux qui ont œuvré à ses côtés, j’adresse mes plus sincères condoléances ».

 

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