Mohammad Al Shaikh Haidar, une vie à plusieurs voix

Dans Mo(n) mémoire, le Villeurbannais Mohammad Al Shaikh Haidar retrace son parcours de la Syrie à la France. Un spectacle entre humour et émotion, à découvrir le 23 octobre à Lyon.

« Le théâtre, c’est ce qui me fait vivre, même si ce n’est pas ce qui me fait vivre d’un point de vue financier », résume en souriant Mohammad Al Shaikh Haidar.

À quelques jours de son spectacle Mo(n) mémoire, qu’il jouera avec sa troupe vendredi 23 octobre à 20h à L’Accessoire café-théâtre, à Lyon 1er, le trentenaire au petit bonnet et doigts bagués a mis son métier de traducteur judiciaire en pause. Le temps d’une résidence intensive improvisée dans son appartement villeurbannais.

Dans cette pièce autobiographique « entre rires et larmes », « Mo » retrace son parcours migratoire. « Je suis convoqué dans un bureau mais je ne suis pas seul », raconte le benjamin d’une fratrie de 5 enfants. Autour de lui, trois voix négatives incarnent la justice, l’administration et la guerre. Une quatrième, positive, représente l’enfance. Ensemble, elles l’accompagnent dans son voyage, de la petite ville de Masyaf, à l’Ouest de la Syrie qu’il a quittée il y a onze ans, jusqu’en France. Au-delà de la guerre et l’exil, son récit dépeint sa relation avec sa mère, qu’il compare à celle du film Les Garçons et Guillaume, à table !, sa dépression et sa découverte du théâtre et du cabaret.

Des Barbie aux planches

« Petit, j’étais très coquin. Je sautais partout, j’épuisais toute ma famille. Je n’aimais pas le foot et j’étais déjà très théâtral, à inventer toutes sortes de scénarios catastrophes avec mes Barbie », se souvient l’interprète pour réfugiés et demandeurs d’asile, diplômé du certificat d’études théâtrales du Conservatoire de Nancy. C’est dans cette ville de l’est de la France que Mohammad a d’abord séjourné 7 ans, à proximité de ses frères partis de Syrie avant lui, et rencontré son partenaire qui partage désormais sa vie en région lyonnaise.

« Ce spectacle n’a pas de vocation thérapeutique pour moi. Je ne cherche pas à guérir ou réparer quoi que ce soit mais ça m’aide à revenir sur ce qu’il s’est passé », confie Mo, qui espère « faire ressentir des émotions chez les gens, tristes ou joyeuses ». Les 31 octobre et 7 novembre, c’est sous les traits d’Anna Lassir Yann, son personnage drag, qu’il retrouvera L’Accessoire pour deux spectacles entre cabaret et comédie.

 

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