Louise Cheynel, coup de projecteur sur les crapauds
21 septembre 2026 - Mis à jour le 22 septembre 2026
©Lucas Frangella
Louise Cheynel, coup de projecteur sur les crapauds
Écologie et santé de la faune sauvage
Chercheuse postdoctorale - Laboratoire d’écologie des hydrosystèmes naturels et anthropisés (LEHNA)
(Née en décembre 1991 à Annecy)
Louise Cheynel étudie l’impact des activités humaines, et particulièrement de la pollution lumineuse, sur l’immunité du crapaud commun. Passionnée par les animaux, elle s'est d’abord imaginée vétérinaire avant de poursuivre ses études en écologie, éthologie et écophysiologie. Après une thèse sur le système immunitaire des chevreuils et un premier post-doc sur les souris à Liverpool, c’est désormais depuis son laboratoire à la Doua et sur le terrain en région lyonnaise qu’elle étudie la santé des crapauds. “Je faisais des élevages de têtards quand j’étais petite, j’en fais encore aujourd’hui, je poursuis un rêve d’enfant”, s’amuse-t-elle.
Plus sérieusement, la chercheuse explique que les populations d’amphibiens, très menacées à l’échelle mondiale, font l’objet d’enjeux de conservation importants. “On sait depuis longtemps que les lumières ont une influence sur le comportement des animaux, mais on s’est rendu compte en laboratoire qu’il y avait aussi un impact sur leur physiologie et leur immunité. C’est ce qu’on cherche à étudier en milieu naturel.” Pour cela, elle se rend sur le terrain au moment de la migration des crapauds des forêts vers les mares. “On leur fait un check up santé, on les pèse et on prélève un peu de microbiote”. Les premiers constats sont sans appel : “Les crapauds vivants sur des sites exposés à la pollution lumineuse sont plus petits, plus maigres, et leurs réponses immunitaires sont différentes, ils sont touchés par plus de parasites et de polluants. L’urbanisation et la pollution sonore entrent aussi en compte, mais le volet santé vis-à-vis de la pollution lumineuse est primordial à défendre, parce qu’on peut vraiment et facilement agir dessus”.