Tribunes des partis politiques - Viva n°351 (avril 2022)

Note de la rédaction : ces textes sont des tribunes libres, émanant des groupes politiques et publiées sous leur responsabilité. Nous les publions dans Viva et Viva Interactif, in extenso.

Une éducation de qualité pour préparer l’avenir

Les conditions d’apprentissage et la réussite éducative sont les grands absents des débats nationaux. Depuis cinq ans, le gouvernement a fortement abimé l’école de la République. Pourtant, les défis sont énormes et la réflexion sur l’éducation doit sans cesse être renouvelée pour qu’enfants et adolescents puissent s’intégrer et transformer le monde. A Villeurbanne, nous nous y étions engagés, c’est toute la politique éducative (pas seulement scolaire) qui va évoluer, et s’enrichir de la récente concertation de l’ensemble des acteurs concernés : parents, personnels de la ville, enseignants, partenaires associatifs, et évidemment enfants ! Ces moments d’échanges ont permis à chacune et chacun de s’exprimer. Près de 3500 parents et 1200 professionnels ont répondu aux questionnaires proposés par la ville et participé aux ateliers interrogeant tous les temps de l’enfant avant et après la classe, les besoins d’accompagnement éducatif spécifique, mais aussi l’accès aux loisirs pendant les vacances. Suite à cette large concertation, il sera proposé une organisation de la semaine avec 4 jours de classe et un accueil de loisir municipal le mercredi matin dans chaque école. Les temps d’accueil du soir seront également repensés. Ces changements sont d’ampleur et leur mise en œuvre va demander du temps : ils se concrétiseront à la rentrée scolaire 2023. Aussi, le travail de dialogue se poursuivra l’année prochaine avec l’ensemble des acteurs, en s’appuyant sur ce qui est jugé positif et en améliorant ce qui doit l’être, en particulier le contenu des activités périscolaires. Parce que les familles doivent pouvoir compter sur une école publique qui instruit, émancipe et lutte contre les inégalités, Villeurbanne investit aussi les chantiers de long terme : bâti scolaire et cours, restauration accessible et de qualité, apaisement des abords des écoles… Fidèles à leurs valeurs et à leur histoire, les écologistes font de l’éducation une priorité qui se traduit en actes.
Sonia Tron & Jacques Vince
Groupe Les écologistes

Voter pour exister.
Voter pour résister.

Les prochains rendez-vous électoraux des 10 et 24 avril prochains viendront conclure une étrange séquence politique qui aura laissé peu de place au débat et aux véritables préoccupations des Français•es.
Une campagne largement perturbée par les reflux de la crise sanitaire, parasitée par les discours haineux de l’extrême-droite, les sorties grotesques et autres « petites phrases ». La lassitude s’exprime partout et l’abstention risque à nouveau d’être le premier parti de France. La sidération provoquée par la guerre en Ukraine en finirait presque d’éclipser cette élection à nulle autre pareille. Nous condamnons avec la plus grande fermeté les crimes commis par Vladimir Poutine contre le peuple ukrainien. Les enlèvements de maires, en première ligne dans la résistance à l’agresseur russe, prouvent que c’est à la démocratie que Poutine veut s’en prendre.  La démocratie n’est jamais un acquis définitif. C’est un équilibre fragile, fruit de luttes acharnées et souvent sanglantes, qu’il faut chérir et inlassablement défendre contre toutes les formes d’atteintes à son encontre. Ne laissons pas la nôtre s’essouffler sans réagir ! Dans cette confusion, nous déplorons l’arrogance rituelle du candidat-président sortant qui ne daignera même pas confronter son bilan, ni même proposer un véritable programme, jugeant cette élection gagnée d’avance après une vie politique malmenée par les restrictions sanitaires depuis deux ans. Ce sera « moi ou le chaos », ce qui n’est pas à la hauteur des aspirations du peuple français. Il ne faut céder ni à ce chantage ni à la résignation : chaque vote peut renforcer un idéal de justice sociale et écologique que nous nous efforçons déjà de décliner à l’échelle municipale. Les Villeurbannais•es s’y reconnaissent et leur voix doit compter !
Contre l’arrogance ; contre l’injustice ; pour la Démocratie ; pour la Solidarité :
votons !
Groupe Socialistes
et citoyen•ne•s villeurbannais•e•s

Ukraine : oui à la diplomatie et à l’accueil

En préambule, nous voulons souligner que la politique internationale est un sujet complexe, et que c’est sous ce prisme que la guerre qui se déroule actuellement en Ukraine doit être appréhendée. Les réponses simples ou binaires n’existent pas ;
seule la nuance nous permettra, certainement dans quelques années, d’appréhender toutes les facettes de l’envahissement de l’Ukraine par la Russie. Nous ne pouvons qu’inviter nos lecteurs et lectrices à se renseigner auprès de chercheurs ou d’acteurs de la politique internationale ! Ceci étant dit, la guerre déclenchée envers l’Ukraine est intolérable, comme toutes les autres guerres. Nous considérons que toutes les guerres sont le symptôme de l’échec de la discussion, de la diplomatie. Seule la diplomatie peut offrir des solutions pacifiques aux problèmes rencontrés par les pays ; c’est cette option que nous préférons toujours aux réponses armées. On le voit dans la situation actuelle : il y a une résistance des peuples russe et ukrainien contre la guerre déclenchée par Vladimir Poutine et son gouvernement ; car, à la fin, ce sont toujours les peuples des différents pays belligérants qui payent les pots cassés de la guerre. Civils gravement blessés, femmes violées, difficultés pour accéder aux soins, meurtres… Ces exactions sont nombreuses et insupportables, et ce ne sont d’ordinaire pas les dirigeants qui les subissent. Pour toutes des raisons, nous nous devons d’accueillir dignement tous et toutes les réfugié.e.s de guerre, peu importe d’ou ils où elles viennent. Plusieurs prises de parole françaises publiques, maintenant bien connues, ont distingué les migrants en fonction de leur «culture» ; et des témoignages de personnes bloquées à la frontière de l’Ukraine en fonction de leur pays d’origine et de la couleur de leur peau s’accumulent. Ces réflexes racistes et discriminatoires sont inhumains. A l’opposé de ces comportements, nous continuerons d’accueillir les réfugiés sans distinction.
Groupe Villeurbanne Insoumise
Ensemble !

Ukraine : détonateur d’une prise de conscience tardive?

C’est dans l’effroi le plus total, partagé par tous les citoyens du vieux continent, que la Russie a envahie l’Ukraine le mois dernier, violant nombre de traités internationaux et malmenant l’idée qu’on se faisait encore de notre humanité. Si cette violence vient ébranler férocement les valeurs qui sont les nôtres et la protection que nous tentons d’assurer aux droits de l’homme, elle déploie des conséquences directes sur la vie d’une grande partie de notre société. En effet, la Russie étant le 2nd exportateur de gaz naturel et de pétrole mondial, le conflit Russo-ukrainien a des conséquences directes sur l’augmentation des prix des énergies fossiles, dont nous sommes dépendants. Si cette guerre nous montre violemment la nécessité de repenser notre rapport aux énergies fossiles, l’assurance de leur rareté croissante nous permettait pourtant déjà de poser le même constat. Le développement et le recours à d’autres sources d’énergies, renouvelables cette fois, est un élément essentiel pour sortir de cette situation. À ce titre, il est plus que jamais nécessaire de remettre en question nos modes même de déplacement urbain. La conceptualisation de nos villes autour du véhicule personnel n’est plus soutenable, et l’opposition entre moteur thermique / moteur électrique n’est pas une solution pérenne. Il est primordial d’orienter les politiques publiques sur de nouvelles mobilités, plus douce et plus respectueuses de l’environnement. Cette adaptation des pratiques sociales s’élève à l’intersection entre problématique d’autonomie énergétique, de protection environnementale et de lutte contre le réchauffement climatique. Ces nouvelles mobilités, en somme, les transports en commun et les modes doux comme le vélo, ne sont en fait pas si nouvelles, et nous y avons recours depuis bien plus longtemps que le véhicule individuel. Dans cette dynamique de promotion d’une nouvelle manière de penser l’espace urbain, nous saluons les avancées de Villeurbanne, notamment par la première commission mobilités durable, en totale cohérence avec les actions métropolitaines.
Groupe Génération.s

Il est encore temps

Dans le cadre de ma délégation à la transition démocratique, je me bats chaque jour pour réconcilier les citoyens avec la chose publique. Pas à pas, nous recréons les espaces de dialogue et de participation. En dehors de l’action municipale, je m’engage à titre personnel dans les initiatives visant à combler le déficit démocratique. Ainsi, j’ai passé du temps à convaincre autour de moi que l’initiative de la Primaire populaire pouvait changer les choses. Permettre le rassemblement que les partis échouaient à organiser. Il ne s’agissait pas de nier les différences entre les forces qui composent la gauche mais de considérer que les enjeux étaient trop grands pour ne pas nous concentrer sur ce qui nous rassemblait. À Villeurbanne, nous avons fait la preuve que des accords programmatiques étaient possibles entre des partis divers. L’Histoire démontre la force d’une gauche plurielle rassemblée. Le fait qu’aucun parti ne soit hégémonique à gauche aurait dû faciliter cette rencontre. L’expression des désaccords dans le cadre de débats respectueux nous aurait tous grandi. Il n’est plus d’élection qui ne soit pas tragique puisqu’il n’est plus d’élection qui ne soit pas l’occasion d’arbitrer entre des options décisives face à des enjeux critiques. Pourtant, si tous crient à l’urgence… tous ont manifestement trouvé plus urgent encore de se compter. Oui, j’ai cru qu’une initiative citoyenne donnerait un coup de pouce aux gens de bonne volonté qui souhaitaient un rassemblement à gauche.
400 000 citoyens qui se prononcent en ce sens, ce n’est pas rien. La décision finale de la Primaire populaire renie, pas sur le fond mais sur la forme, la légitimité du vote citoyen. Nouveau coup de hache porté dans la faille démocratique. Faille béante lorsque le président sortant refuse de se soumettre au débat démocratique ou quand certains candidats sont exclus des temps d’antenne. Les partis doivent se ressaisir. La gauche doit se ressaisir. Il est encore temps.
Jonathan Bocquet
Groupe Cercle Radical et Place Publique

Quelle connerie la guerre !

Depuis l’agression militaire déclenchée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine le 24 février dernier, nous assistons stupéfaits et impuissants à l’horreur de la guerre charriant son cortège de violences et d’atrocités perpétrées à l’encontre de populations civiles n’ayant d’autre choix face au bombardement de villes assiégées que de se terrer, résister tant bien que mal à l’envahisseur, ou de fuir les zones de combat. C’est ainsi qu’à l’heure où ces lignes sont écrites, en plus des nombreuses victimes civiles et militaires sur le sol ukrainien, plus de 2 millions de civils ont dû s’exiler dans les pays voisins. Face à cette situation dramatique, de nombreuses voix se sont élevées en France et en Europe pour relayer les demandes des Ukrainiens eux-mêmes, qui pour un soutien militaire plus affirmé (livraisons d’armes « défensives »), qui pour l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne (« no fly zone »), afin de stopper le chef du Kremlin dans son désir d’expansionnisme territorial et impérial, à l’instar d’un Hitler qu’il aurait fallu arrêter plus tôt.
Mais comparaison n’est pas raison, et on sait qu’en la matière, de telles mesures conduiraient inéluctablement à un conflit généralisé entre l’OTAN et la Russie qu’il serait autant dangereux qu’irresponsable de déclencher face à un autocrate mégalomane prêt à tout, y compris de jouer la partition du « docteur Folamour ». Dans cette configuration, au-delà de la condamnation des différentes violations du droit international incluant des crimes de guerre, nous n’avons d’autre choix que de contraindre Vladimir Poutine à appliquer un cessez-le-feu immédiat par le biais de l’application de sanctions politiques et diplomatiques fortes qui l’obligeront à terme à retourner à la table des négociations sous l’égide de l’ONU, seule instance internationale légitime pour ce faire. En attendant, la France doit prendre toute sa part dans l’accueil des réfugiés, comme Villeurbanne s’est engagée à le faire.
Cyril Hauland-Grønneberg
Groupe Communistes et Républicains

Petite enfance : il y a urgence !

Alors que le dernier numéro du Viva nous rappelait l’utilité du métier d’assistant maternel, il nous parait intéressant de revenir sur l’urgence de mieux considérer les métiers de la petite enfance. Qu’il s’agisse des relais d’assistants maternels, de crèches en délégation de service public, ou de crèches municipales, ce sont derrière ces lieux des femmes et des hommes qui œuvrent chaque jour pour le « mieux vivre » dans notre ville.
Or le secteur de la petite enfance connait des difficultés, notamment en  ce qui concerne les recrutements de personnels qualifiés. Cette situation n’est pas propre au territoire villeurbannais, mais notre commune ne fait pas exception. Pourtant, l’exécutif n’a pas su anticiper cette situation extrême. Extrême en effet, car lors du conseil municipal de février nous avions à nous prononcer sur la fermeture partielle de 10 des 13 crèches municipales ! C’est une situation très inconfortable pour une majorité de familles, à l’heure où Villeurbanne connait une évolution démographique dynamique. Pour pallier ces fermetures, une indemnité compensatrice aux familles a été proposée. Mais cela ne résout pas les problèmes de garde engendrés par cette situation. Nous souhaitons principalement que le service rendu aux habitants soit effectif. Pour cela, il semble nécessaire de ne pas diaboliser les DSP comme cela a pu être le cas en juillet dernier de la part d’une partie de la majorité municipale. Il faut rendre attractifs les métiers de la petite enfance, à l’image de ce qui a pu être fait pour la police municipale. C’est pourquoi il nous parait opportun d’étudier les moyens de revaloriser ces métiers essentiels au bon fonctionnement de la vie communale. Si le maire et son adjointe à la petite enfance ont affirmé qu’une réflexion était en cours sur le sujet, nous attendons d’en voir la concrétisation. Aujourd’hui la situation n’est pas acceptable, ni pour les parents, ni pour les professionnels du secteur !
Groupe Villeurbanne progressiste

 

 

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