Tribunes des partis politiques - Viva n°356 (novembre 2022)

Note de la rédaction : ces textes sont des tribunes libres, émanant des groupes politiques et publiées sous leur responsabilité. Nous les publions dans Viva et Viva Interactif, in extenso.

Le retour à la terre

Le 21 octobre, la dernière des 261 bornes villeurbannaises de collecte de biodéchets a été installée. Il y en a forcément une juste à côté de chez vous. Après des débuts dans le 7e arrondissement de Lyon, Villeurbanne s’est portée candidate pour poursuivre l’expérimentation et pouvoir bénéficier de ces « bornes marron » facilement identifiables. L’expérience lyonnaise a été un succès avec moins de 5 % d’indésirables collectés.
La Métropole du Grand Lyon a répondu favorablement à la demande de la ville et a assuré le déploiement de ces bornes, qui doivent permettre de réorienter nos déchets alimentaires des incinérateurs vers la terre. Ces déchets représentent 24 % du tonnage actuel de nos poubelles grises ! À Villeurbanne, si nous nous y mettons toutes et tous, nous pouvons produire 1 700 tonnes de compost chaque année. Près de 7 % des villeurbannaises et villeurbannais compostent déjà, et tous les sites de compostage collectif restent actifs et complémentaires de ces bornes qui accueillent tous les déchets alimentaires (sans emballage ni sac plastique). En outre l’installation ne s’est pas faite à proximité des habitations individuelles qui bénéficient gratuitement d’un composteur personnel. Le meilleur biodéchet est celui qui est collecté en proximité. Les biodéchets collectés fournissent un compost naturel (et collectif !) qui permet de nourrir les sols abîmés, pour des agriculteurs ou des particuliers, mais aussi de favoriser l’installation de projets d’agriculture urbaine et le développement de la végétalisation des espaces urbains. Grâce à lui le sol s’enrichit et sa fertilité augmente. En outre, il participe à la captation de CO2, nécessité absolue pour lutter contre le dérèglement climatique.
Ainsi, dans son quartier et sans contrainte, chacun•e peut prendre part au « retour à la terre ». Même dans une grande ville comme la nôtre, chaque habitant•e peut mettre en action un cycle naturel qui participe aux transitions dont nous avons tant besoin.  
Floyd Novak
Groupe Les écologistes

Précarité énergétique : quand les degrés sont des luxes

« Baisser, éteindre, décaler ». Telle est la curieuse chorégraphie à laquelle nous invite le Gouvernement pour faire face à l’une des plus graves crises énergétiques depuis des décennies. La légèreté de cette « sobriété choisie » semble en total décalage avec la rudesse de l’hiver à venir pour les ménages les plus fragiles qui verront (ou ont déjà vu) leurs factures exploser. Pour nombre d’entre eux, avoir froid était déjà une habitude censée alléger le poids des dépenses contraintes. D’année en année, les frontières du supportable sont repoussées, parfois aux limites de la dignité. Cette année, cela pourrait ne pas être suffisant. Les passoires thermiques n’auront pas disparu d’ici le printemps : la précarité énergétique va s’installer durablement, tant pour les locataires que pour les propriétaires modestes, sommés de respecter scrupuleusement des « écogestes » infantilisants, culpabilisants… et probablement insuffisants. Promise comme l’un des grands chantiers de l’après-Covid, la rénovation thermique des logements accuse un retard inacceptable, bénéficiant de 4 fois moins de crédits que les « ristournes à la pompe » dans le prochain budget de l’État. Certaines collectivités ont pris les devants en complétant certains dispositifs nationaux sur leurs propres budgets pour en augmenter la voilure et lutter contre le non-recours. La Métropole, la Ville de Villeurbanne, aux côtés d’associations comme SOLIHA et l’ALEC ont été pionnières pour accompagner le parc privé. Les bailleurs sociaux ont multiplié les travaux, mais doivent composer avec des moyens, au mieux, constants ou, au pire, réduits.
Le volontarisme politique à géométrie variable de certaines collectivités constitue une intolérable rupture d’égalité entre les territoires. L’heure n’est plus à panser des jambes de bois mais bien à la prise de décisions radicales et d’ampleur nationale. Accompagnons massivement les ménages et les copropriétés pour les libérer durablement de la précarité énergétique !
Groupe Socialistes
et citoyen•ne•s villeurbannais•e•s

Comment économiser 95 milliards d’euros ?

Un féminicide en août et une tentative le 5 octobre : Villeurbanne n’est pas épargnée par les assassinats. Comme il n’y a pas de frontières géographiques aux violences sexistes et sexuelles, elles n’ont pas non plus de frontières sociales ni de situation. On les retrouve dans toutes les classes et dans tous les aspects de la vie : au travail, dans les transports, ou chez soi. Les associations féministes le réclament à raison : il faut d’urgence investir 1 milliard d’euros pour lutter contre ces violences. D’abord en formant les policier.e.s qui accueillent les victimes, pour leur éviter de mauvais traitements. Ensuite, pour prendre en charge ces femmes avec des places d’hébergement. Et enfin, en mettant des moyens pour suivre les agresseurs et éviter les récidives. La réponse judiciaire doit aussi être à la hauteur. Alors que le viol est un crime et est sévèrement punissable,  rares sont les plaintes, procès, et condamnations. Les raisons sont diverses, mais la loi et la pratique devraient mieux prendre en compte les barrières à l’aboutissement des procédures. Mais tout en répondant aux violences, il faut aussi agir pour leur prévention. Un rapport de l’inspection générale de l’éducation nationale l’admet : «Moins de 15 % des élèves bénéficient de trois séances d’éducation à la sexualité et à la vie affective pendant l’année scolaire», comme le prévoit la loi. Ces séances seraient pourtant l’occasion de déconstruire les valeurs virilistes, qui font surtout du mal aux femmes mais aussi aux hommes, et ont un coût énorme pour la société. D’après L. Peytavin (Le coût de la virilité), nous économiserions 95,2 milliards par an si les hommes se comportaient... comme des femmes. Il faut bien comprendre qu’il n’y a pas d’un côté certaines actions violentes et de l’autre, certaines qui ne le sont pas. Le continuum entre blague sexiste, harcèlement ou attouchement est issu du même système de domination. Femmes, hommes : nous avons tou.te.s intérêt à imposer un système égalitaire.
Groupe Villeurbanne Insoumise Ensemble !

Travailler plus longtemps, est ce le sens du progrès ?

Les réformes de taille que cherche à imposer le gouvernement vont à contre-courant du sens de l’histoire et du progrès. Notre assurance retraite est notamment dans le viseur de ses politiques antisociales et risque de connaître des chamboulements motivés par l’idéologie du travailler toujours plus.Reculer l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, soit à peine l’espérance de vie en bonne santé et sans même tenir compte des différences de pénibilité au travail est un affront envers toutes celles et ceux qui font fonctionner notre société. Subissant déjà l’inflation et la hausse du coût de l’énergie, les ménages se verraient imposer une condition supplémentaire pour partir à la retraite : cotiser encore plus longtemps. Or 5,4 millions de personnes sont inscrites à Pôle Emploi. Alors que nous devrions débattre de comment mieux partager le travail et adapter notre production aux enjeux climatiques, on promet à nos plus jeunes un avenir de moins en moins émancipé. Cette réforme serait profondément injuste et repose uniquement sur un prétendu besoin d’équilibre budgétaire à l’horizon 2050 quand d’autres ressources mériteraient d’exister, à l’image de la taxation des plus grosses successions. Aussi l’explosion des emplois précaires et de l’ubérisation que stimule le gouvernement ne fait qu’aggraver les disparités d’accès et de calcul du montant des pensions de retraite, tandis que les exonérations de charges patronales, cumulé avec l’élargissement continu du statut d’auto-entrepreneur sont aussi responsables des déséquilibres constatés  Enfin et de la même manière, les disproportions de rémunération et d’évolution de carrière entre les femmes et les hommes se répercutent toujours jusqu’à la fin de la vie. Voilà des vraies pistes pour aborder une réforme des retraites digne de ce nom ! Les députés Génération•s seront pleinement mobilisés pour s’y opposer avec la NUPES, et ce malgré les velléités de passage en force de l’exécutif.Pendant ce temps à Villeurbanne, la majorité municipale s’efforce d’offrir une ville où il fait bon vivre, bon vieillir et bon passer son précieux temps libre !
Groupe Génération.s

Villeurbanne en travaux : des chantiers à hauteur de nos ambitions

Dans les mois à venir, de nombreux chantiers vont débuter à Villeurbanne. Grandclément, Gratte-Ciel, Croix-Luizet, Saint-Jean… Tous les quartiers verront leurs transports, leurs équipements, leurs espaces publics améliorés. C’est la mise en œuvre concrète de la programmation des investissements décidée en début de mandat. Pour les seules compétences municipales, une enveloppe record de plus de 340 M€ a été approuvée pour les années 2021-2026. Cet effort inédit reflète les ambitions de notre majorité :
faire de Villeurbanne une ville durable, inclusive, où l’accès à des équipements et des services publics performants est garanti à tous, sur tout le territoire. Derrière ce chiffre, des dizaines de chantiers pilotés par l’adjoint chargé des travaux et par la direction du cadre de vie. L’été dernier, par exemple, la ville a mené une quarantaine d’opérations dans nos écoles, pour un montant de plus de 15 M€. Dans les années à venir, notre centre-ville des Gratte-Ciel va doubler en taille, tandis que Grandclément retrouvera une forme de centralité avec une école, une crèche et un grand parc. Les travaux les plus lourds et visibles seront pourtant ceux pilotés par la Métropole et le SYTRAL : avec 3 lignes fortes de transports (T6, T9 et BHNS), 5 « voies lyonnaises » et de nombreux aménagements piétons, les chantiers liés à nos mobilités vont durer plusieurs années. Ces travaux vont perturber certaines activités et habitudes, et poser des questions d’accessibilité. Ce sont des nuisances réelles, qu’il nous faudra résoudre au plus vite au fil des travaux. Ces nuisances sont malheureusement inévitables pour avoir – enfin – un réseau de transports digne de notre ville de 150 000 habitants. Pour la première fois depuis longtemps, l’ambition municipale est soutenue et accompagnée par les politiques métropolitaines à la hauteur de nos besoins. Nous nous félicitons de cette convergence, qui est nécessaire pour améliorer et apaiser durablement le cadre de vie de tous les villeurbannais.
Marwa Abdelli
Groupe Cercle Radical et Place Publique

Extrême-droite : le loup est entré dans la bergerie

Qu’ont en commun le Brésil, les États-Unis, la Pologne ou encore la Hongrie ? D’être ou d’avoir été gouvernés par l’extrême droite. Et ces gouvernements ont été marqués par de nets reculs des droits des femmes (avortement limité ou interdit…) des minorités (ethniques, sexuelles…) et de la biosphère (déforestation de l’Amazonie au Brésil par exemple). En France, l’extrême-droite a multiplié par dix le nombre de ses députés entre 2017 et 2022. L’Italie a mis au premier plan Fratelli d’Italia et Giorga Meloni, admiratrice de Mussolini. Le gouvernement de Suède a reçu le soutien des nationalistes…
Si le discours est devenu plus consensuel pour une frange de l’extrême-droite, les idées n’ont pas changé, et l’ADN de ces partis est identique. La haine de l’autre dans sa différence, son originalité, dans son identité propre. L’amour fanatique du contrôle du citoyen jusque dans son être. L’heure n’est plus aux discours consensuels et mielleux. Il faut des actes forts, des condamnations à chaque sortie immonde dans les médias, comme celles de Zemmour et Bardella à propos du meurtre barbare de la jeune Lola… instrumentalisation abjecte d’un drame pour servir des idées moyenâgeuses. C’est aussi en leur laissant les coudées franches dans les médias que ces idées s’ancrent dans le quotidien. Ne crions plus au loup, il est dans la bergerie et il mange à notre table maintenant. Le véritable ennemi, la cause de tant de souffrance et de misère ce n’est pas l’immigré qui fuit, ce n’est pas l’homosexuel qui est juste lui-même, ce n’est pas la femme qui choisit que faire de son corps, mais bien la finance et les superprofits qui mènent, dans une vision court-termiste la planète et l’humanité droit dans le mur. Le néolibéralisme abreuve l’extrême-droite : pour tarir la source, venez échanger sur le salaire à vie avec Bernard Friot le 5/11 à 14h au CCVA.
PS : Venez aussi à la conférence contre les féminicides le 9/11 à 18h30 au Palais du travail !
Mariano Beron-Perez
Groupe Communistes et Républicains

Une bien troublante subvention…

Lors du conseil municipal du 10 octobre dernier, une subvention pour aider les locataires d’un bailleur social à lutter contre la précarité énergétique était proposée. Intention louable si ce n’est qu’elle était destinée à l’association  « Alliance citoyenne », connue notamment à Grenoble pour avoir revendiqué et obtenu, avec le soutien zélé du maire de la ville, le port du burkini dans les piscines municipales. Il est donc clair que cette association se revendique d’abord par la défense de combats politiques comme la revendication du port de tenues islamiques ou la lutte contre « l’islamophobie d’État ». On est vraiment très loin de la problématique du mal logement et le discours de cette association n’est guère compatible avec les valeurs laïques et républicaines qui nous animent. De plus, l’association n’hésite pas à prôner la “désobéissance civile” pour faire valoir ses intérêts face aux institutions publiques et revendique des positions ouvertement communautaristes !
Ce n’est pas sa première tentative de solliciter une subvention municipale. Elle l’avait déjà fait auprès de l’équipe municipale précédente, et s’était vu à l’époque opposer une fin de non-recevoir par le maire Jean-Paul Bret. Il semble que le maire actuel ne soit pas animé par les mêmes exigences universalistes et laïques. Sous pression de la France Insoumise dont la stratégie politique est ouvertement communautariste, la majorité NUPES a voté comme un seul homme le soutien à cette association, et le Cercle radical qui est d’ordinaire très exigent sur les questions de laïcité s’est étonnamment abstenu. Seul notre groupe a voté contre la subvention à cette association. Le soutien de la majorité, en revanche traduit d’une dérive communautariste très inquiétante qui prospère déjà depuis longtemps grâce une gauche complaisante qui n’a plus rien à voir avec le fondement de ce qui a animé la gauche socialiste, laïque et républicaine. Sous couvert de tolérance, une telle attitude ne peut que favoriser une dérive vers le séparatisme.
Groupe Villeurbanne progressiste

 

 

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