OPINIONS - Tribunes des partis politiques - Viva n°385 (février 2026)

Note de la rédaction : ces textes sont des tribunes libres, émanant des groupes politiques et publiées sous leur responsabilité. Nous les publions dans Viva et sur Viva en ligne, in extenso.

Le budget, c’est du concret

Le budget 2026 de la ville a été voté lors du premier conseil municipal de l’année. Il a de nombreux points communs avec ceux présentés les années précédentes… et pour cause. Villeurbanne accueille toujours un peu plus d’habitant·es, en devenant la 16e ville de France. Ainsi, si les chantiers et les travaux ont rythmé le quotidien de nombre d’entre vous, nécessitant une patience dont nous vous remercions, ils répondent aux besoins que nous avions identifiés dès notre élection en 2020. Dans le domaine de l’éducation, qui reste le premier poste de dépense de la Ville, 2026 marquera la reconstruction de l’école Jacques-Prévert, la poursuite de la restructuration du groupe scolaire Croix-Luizet ou la mise en place d’un « plan canicule » dans plusieurs écoles. Côté sport, l’ouverture en septembre du complexe sportif Alice-Milliat à la Soie permettra d’accueillir les pratiques sportives collectives, individuelles, scolaires pour un quartier qui a grandi rapidement. Enfin, pour redonner à la nature toute sa place, mais aussi pour profiter de fraicheur l’été, l’ouverture des premiers espaces du parc Roger-Planchon, dans le quartier de la Filature et ceux de la promenade Anne-Marie-Bellon aux Buers seront également au programme. Ces investissements sont ambitieux et nécessaires, ils permettent d’améliorer le quotidien de chaque usager comme des agents municipaux et ne sont en rien accessoires ni futiles. Quant aux mobilités, une ville de 163 684 habitants se devait d’être mieux pourvue en lignes fortes de moyens de transports non carbonés (tramway, bus à haut niveau de service, voies lyonnaises...). En ce sens, la Métropole a participé à ces efforts d’aménagement. Ce 14 février marquera d’ailleurs l’arrivée du tram T6. Un budget ne devrait pas être technique ni guidé par des intentions gestionnaires mais plutôt décliner économiquement et financièrement la fabrique d’une ville qui fait de la justice une boussole et de la robustesse un objectif.

Nous contacter : assistant.groupeLE@mairie-villeurbanne.fr

Groupe Les écologistes

 

Derrière les vagues de froid et de chaleur, l’urgence de plus de justice sociale et écologique

À l’heure où nous écrivions ces lignes, une vague de froid s’abattait sur la France. Et pour cause : cela faisait 8 ans que des températures aussi basses n’avaient été enregistrées. En parallèle, nous apprenions – sans surprise – que l’année 2025 a été la troisième la plus chaude relevée après 2024 et 2023. Entre frissons et fièvre, les effets du dérèglement climatique nous rattrapent inexorablement et s’en prennent d’abord aux plus vulnérables d’entre nous. Ces impacts se révèlent particulièrement dans le logement. En 2025, du sans-abrisme aux logements indignes, le mal-logement concerne plus de 4 millions de personnes en France selon la Fondation pour le Logement des Défavorisés. Plus largement, la précarité énergétique impacte 12 millions de personnes, transformant les passoires thermiques l’hiver en bouilloires l’été. Cette crise s’aggrave. Les promesses présidentielles de 2017 se sont dissipées et conjuguées aux actions fébriles d’un Etat démissionnaire de ses responsabilités. Ce message d’impuissance est insupportable. C’est pourquoi notre groupe n’a cessé de soutenir des politiques publiques de justice sociale visant à affirmer un principe clair : à Villeurbanne, comme ailleurs, accéder à un logement digne, abordable et adapté doit être un droit et non un privilège. C’est aussi en ce sens que nous avons voté avec engagement le budget lors du conseil municipal de janvier afin d’accompagner les besoins des habitantes et habitants. C’est la raison pour laquelle nous avons également rappelé lors de ce même conseil, à l’occasion de l’adoption du Plan Climat métropolitain, que la transition écologique à mener se devait d’être juste en intégrant systématiquement la dimension sociale dans les politiques d’atténuation et d’adaptation. Sans cela, nous ne ferons qu’aggraver les inégalités sociales dans chaque domaine, plutôt que de les réduire. Vous l’aurez compris, notre groupe refuse toute fatalité en la matière et entend bien poursuivre son action jusqu’au bout de ce mandat.

Nous contacter : assistant.groupeSCV@mairie-villeurbanne.fr

Groupe Socialistes et citoyen·ne·s villeurbannais·e·s

 

Un plan grand froid en carton et des dizaines de personnes sans solution

Fin décembre, la préfecture du Rhône a ouvert un premier gymnase de 110 places d’hébergement puis, sous pression de la population, un second. 220 places créées en urgence donc, pour être supprimées trois semaines après. 220 places, un nombre largement insuffisant pour accueillir toutes les familles sans-abris. 220 places enfin, pour lesquelles on devait téléphoner chaque jour en espérant à nouveau y être abrité, alors que le 115 saturé ne pouvait garantir de ne pas retourner à la rue la nuit suivante. Résultat : les collectifs militants doivent encore ouvrir des lieux pour loger des personnes sans solution, comme dans l’ancienne école du parc Blandan qui, à l’heure où nous écrivons, abrite 27 familles dont 80 enfants. D’après Alynéa, 14 000 personnes sont en attente d’un hébergement dans le Rhône pour 8 800 places gérées par l’Etat. Tant que la question du logement abordable ne sera pas solutionnée, ces situations de sans-abrisme perdureront. La spéculation immobilière a rendu les prix inaccessibles pour les 10% les plus pauvres (selon le PLAID). Celles·eux dont les revenus et situations administratives sont les plus défavorables n’ont aucune chance d’accéder à une location privée aux critères d’éligibilités invraisemblables. Le logement social, sur-saturé lui aussi, n’est pas suffisant pour loger tous les ménages qui ne gagnent pas 3, voire 4 fois le montant de leur loyer. Mettre à contribution le logement privé pour garantir la dignité tombe donc sous le sens : logements vacants, bureaux vides, voire patrimoine public en attente d’un usage futur doivent être mobilisés par tous les moyens à disposition des pouvoirs publics locaux. La gestion actuelle est celle de la pénurie, violente et court-termiste, qui fait souffrir physiquement et psychologiquement les sans-abris. Un plan grand froid qui se respecte ne devrait pas proposer de l’hébergement de façon hachée, mais protéger la population et répondre proportionnellement à ses besoins tout au long de l’hiver.

Groupe Villeurbanne Insoumise Ensemble !

 

L’hémiplégie morale de la politique internationale

Il y a, dans le débat politique, une infirmité devenue chronique : une hémiplégie morale. Certains, pourtant prompts à s’indigner avec force et vacarme ici, détournent le regard et se taisent là ; sont aveugles à certaines tragédies, sourds à certains cris, muets face à certains crimes de masses ou à certaines dérives autoritaires. Ils dénoncent ou excusent le même crime selon qui en est l’auteur. Brandissent le droit international s’il sert leur récit, mais le récusent comme « droit des dominants » quand il les embarrasse. D’une révolution à l’autre, ils seront le porte-voix ou le bâillon. L’un est absous par principe, l’autre infréquentable par posture. En substituant l’idéologie à l’analyse, l’alignement de camp à l’exigence de vérité, ils pratiquent la géométrie variable. Cette émotion sélective est insupportable. Cette incohérence morale est coupable. Peut-on condamner l’intervention américaine en violation droit international sans pour autant pleurer la destitution du dictateur Maduro ? Peut-on espérer la chute des mollahs iraniens sans aspirer au retour du fils du chah ? Peut-on espérer que se poursuive le processus de paix entre l’Israël et la Palestine sans rien oublier ni des crimes de guerre de Netanyahu, ni les massacres terroristes et l’instrumentalisation des civils du Hamas ? Peut-on défendre la souveraineté des peuples tout à la fois contre la Russie en Ukraine, les USA au Groenland et la Chine à Taïwan ? Oui, la réalité est inconfortable et oblige plusieurs vérités à la fois. La scène internationale est tragique et complexe. Elle ne se prête pas aux slogans militants manichéens. Nous n’avons besoin ni de la morale à trous des uns, ni du cynisme froid des autres mais d’une pensée lucide capable de condamner les crimes de guerre, quels que soient leurs auteurs, de défendre le droit international sans exception opportuniste, de comprendre les rapports de force sans les justifier. Capable, surtout, de remettre l’humain — et non les camps — au centre.

Jonathan Bocquet
Groupe Cercle Radical et Place Publique

 

Non au coup de force de Trump : l’avenir du Venezuela appartient aux seuls Vénézuéliens !

L’année 2026 a très mal démarré avec l’offensive militaire des Etats-Unis contre le Venezuela conduisant à l’enlèvement de son président Nicolás Maduro et de sa femme Cilia Flores sous le prétexte fallacieux de narcotrafic. Cette action unilatérale constitue un véritable acte de guerre et de « piraterie internationale » en totale violation de la Charte des Nations unies et de la souveraineté du peuple vénézuélien. Depuis, l’administration étatsunienne a affirmé la volonté de mettre le pays sous tutelle et a commencé à s’emparer de son pétrole. Donald Trump a donc choisi de renouer avec la politique du « gros bâton » chère à Théodore Roosevelt, l’un de ses prédécesseurs républicains dont il se réclame, qui était déjà intervenu dans la crise vénézuélienne de 1902-1903 et dans la guerre dite des « Mille jours » aboutissant à l’indépendance de la Colombie et du Panama avec la concession de son canal, dans l’(extrême) droite ligne de la doctrine Monroe faisant du reste du continent américain « l’arrière-cour des Etats-Unis ». Ce dangereux précédent en appelle fatalement d’autres dans un effet « domino » en Colombie, à Cuba, ou encore au Groenland, sachant que la volonté de changer des régimes par la force a toujours conduit dans un passé récent au chaos ou à des gouvernements encore pires que ceux qui ont été renversés que ce soit en Afghanistan, en Irak, ou en Lybie (et demain en Iran ?)… Cette fuite en avant guerrière, annexionniste et ouvertement impérialiste doit être fermement condamnée tant par le gouvernement français que l’Union Européenne ainsi que par l’Organisation des Nations Unies. C’est pourquoi le PCF appelle à participer aux rassemblements contre l’impérialisme, le respect du droit international, le retour de la souveraineté du Venezuela et de l’intégrité de son territoire avec la libération inconditionnelle de son Président et de sa femme, la levée des sanctions économiques qui étranglent l’économie vénézuélienne, ainsi que la sortie de la France de l’OTAN !

Groupe Communistes et Républicains

 

Habitat des gens du voyage : pour une solution qui convienne à tous

Lors du dernier conseil municipal, des questions importantes ont été soulevées concernant l’habitat des gens du voyage situés allé du Mens. Or la convention, dans sa forme proposée, manque de clarté sur plusieurs points essentiels. D’abord, la perte d’autonomie et de mode de vie traditionnel. Car le passage à un habitat adapté, même avec espace pour caravane, peut être perçu comme une sédentarisation forcée, surtout si les voyageurs ne sont pas pleinement associés à la conception des logements. Ensuite, il y a un risque de précarité économique. La convention évoque la recherche de solutions pour l’activité économique des ménages, mais sans détails concrets. Les voyageurs pourraient perdre leurs sources de revenus traditionnelles (marchés, artisanat) sans alternatives viables. Enfin, il y a un manque de transparence. Bien que les voyageurs soient signataires, leur implication dans les décisions concrètes (conception des logements, règles de vie, etc.) n’est pas explicitement garantie. Le respect du mode de vie des familles ne me semble pas pleinement pris en compte.  Derrière cette décision, il y a des visages, des histoires, et des familles qui vivent à l’allée du Mens depuis 1978 et qui ont entretenu ce site année après année, veillé sur les jardins ouvriers, et construit une vie ici. Des familles que Virginie Demars, élue de notre groupe, a rencontré pour échanger sur leur quotidien, leurs craintes, mais aussi leur fierté. Nous sommes convaincus qu’une autre voie est possible : une convention d’occupation précaire, comme cela se fait déjà dans d’autres villes, pourrait régulariser leur situation sans leur imposer un modèle inadapté. Cela serait plus économique, plus respectueux de leur mode de vie, et plus en phase avec les valeurs de solidarité et de pragmatisme que nous défendons à Villeurbanne.

Nous contacter : assistant.groupeVP@mairie-villeurbanne.fr 

Les élus d’opposition du Groupe Villeurbanne progressiste

 

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