Tribunes des partis politiques - Viva n°322 (mars 2019)

Note de la rédaction : ces textes sont des tribunes libres, émanant des groupes politiques et publiées sous leur responsabilité. Nous les publions dans Viva et Viva Interactif, in extenso.

La République doit faire bloc

Alors que nous espérions que l’Histoire avait fait son travail, notre pays connait une nouvelle poussée d’antisémitisme (+74% d’actes antisémites). Les actes immondes se multiplient : des croix gammées sont appliquées sur le visage de Simone Veil, les arbres plantés en hommage à Ilan Halimi sont tranchés, un cimetière juif est profané. Ces actes s’inscrivent dans un contexte marqué par un déversement régulier de messages postés sur les réseaux sociaux, où se mêlent antisémitisme, théories conspirationnistes et propos mensongers.
En tant que républicains, en tant qu’humanistes, nous ne pouvons rester silencieux face à cette résurgence de l’antisémitisme. Aucune de ses manifestations ne peut être banalisée.
Il faut rappeler sans cesse rappeler notre attachement aux valeurs de la République et marteler que l’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs mais bien de toute la Nation. Que l’antisémitisme n’est pas une opinion mais un délit !
À l’initiative du Parti socialiste, les formations politiques républicaines, des organisations syndicales et associations se sont associées autour de la déclaration commune « ça suffit : l’appel à l’union contre l’antisémitisme ».
Au-delà cette initiative, il convient de travailler sans relâche à l’éducation des consciences, à l’ouverture à l’Autre comme source de richesses.
La République doit faire bloc face aux dealers de haine, fussent-ils renommés, relookés pour se rendre plus présentables. Face à la haine, il nous faut agir avec les vrais démocrates et les vrais républicains, pour rappeler, sans relâche, la volonté du vivre ensemble, la concrétisation de la devise « Liberté, Égalité, Fraternité ». Il appartient à chacun de nous de ne pas baisser la tête face à l’antisémitisme et de dire « ça suffit ». Laisser faire, minorer, c’est accepter que chacun d’entre nous puisse être menacé, insulté, agressé en raison de ce qu’il est, ce qu’il est supposé être.

Yann Crombecque,
Groupe Socialistes et apparentés

Le Prince-Président

Le Président Macron est tout sauf un rempart contre le fascisme. Le vide de sa candidature, la décomposition du "paysage politique", une élection due principalement à l’abstention ouvre la voie à l’extrême droite la plus abjecte.
Macron prétend construire une "start-up nation" avec des méthodes monarchiques héritées de l’Ancien Régime, concilier la verticalité du pouvoir et le néomanagement réhabiliter le néolibéralisme qui met fin partout à l’exercice du pouvoir politique.
Son attitude et celles de ses soutiens et suiveurs est souvent vécue comme méprisante et blessante à l’égard de celles et ceux qui travaillent et qui peinent.
À propos des salariés licenciés de Gad. « Il y a dans cette société une majorité de femmes, pour beaucoup illettrées »
Sans oublier les petites phrases qui provoquent l’écœurement
1 – « Je traverse la rue, je vous trouve du travail »
2 – « On met un pognon de dingue dans les minimas sociaux »
3 – « Je ne céderai rien ni aux fainéants, ni aux cyniques »
Ou encore : « Une gare, c’est un lieu où l’on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ».
Le Président ne manque pas une occasion de rabaisser ses interlocuteurs, et ce qui est surprenant, ceux qui sont en marche avec lui, souvent transfuges de partis "de gauche" ne s’interrogent pas à ce propos. C’est dire, si depuis un an la confusion règne dans ce Pays, et il ne faut donc pas s’étonner des violences des manifestations, qui sont en réalité une réponse aux violences de l’injustice sociale, et au comportement de ces "gens en marche" derrière leur monarque.
Ce Président, à côté de cela, n’hésite pas à utiliser les lieux communs populistes empruntés à l’extrême droite, comme réduire la représentation nationale, de trouver que les élus sont trop payés, et du haut de sa "grandeur" fouler aux pieds les élus locaux. C’est pourquoi ces "grands débats" prétexte à étouffer la contestation populaire de la rue, ne sont en définitive que de la poudre aux yeux, de la poudre de perlimpinpin.

Marc Ambrogelly,
Groupe Communistes et républicains

Reprenez votre ville !

L’aspiration à une démocratie plus directe a éclaté au grand jour au cours des dernières semaines. Refusant la confiscation des décisions qui affectent leurs quotidiens, de nombreux français peu habitués des formations traditionnelles se sont engagés dans les gilets jaunes ou dans le grand débat national.
Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une démocratie ponctuelle parsemée seulement de scrutins électoraux et de consultations spontanées. Nous avons besoin de penser une communauté délibérative. Sur des sujets locaux (tables citoyennes ou mission accueil) ou des sujets de société (enjeux autour du trafic de cannabis) notre groupe a pesé pour que les habitants soient directement associés au diagnostic, à la réflexion, à la discussion et aux propositions. Ces espaces de délibération devront à l’avenir être systématisés comme cela peut se faire dans d’autres communes à l’instar du modèle démocratique de Saillans.
Cela passe aussi par la réappropriation du politique par chaque citoyen. Chacun doit se sentir légitime, et l’espace public doit lui être accessible. Certains n’osent pas franchir le pas car ils ne savent pas en quoi consiste la vie d’un élu local.
Le renouvellement politique ne s’improvise pas. Nous pouvons susciter l’engagement citoyen. Mais encore faut-il que chacun sache à quoi s’attendre lorsqu’il s’investit dans la vie publique. Aussi, à un an des échéances municipales, je propose de partager l’expérience de ce qu’est un mandat municipal. Notre groupe organisera pour les villeurbannais qui souhaiteraient s’investir des rencontres afin d’échanger, au-delà de toute considération politique sur la vie d’un conseil municipal, la charge de travail d’un élu local, ses responsabilités et ses marges de manœuvre. Contactez dimitri.teboul@mairie-villeurbanne.fr
Nous engagerons aussi le débat sur nos délégations. Personnellement, je proposerai des rencontres afin de discuter du bilan et d’entrevoir les perspectives de poursuite des travaux engagés dans le secteur jeunesse.

Jonathan Bocquet,
Groupe Radicaux, Génération écologie et citoyens

Rythmes scolaires à Villeurbanne : le débat interdit !

Le 15 janvier dernier lors d’une conférence de presse, Jean-Paul Bret et son adjoint à l’Éducation ont annoncé le maintien de la semaine de quatre jours et demi dans les écoles publiques maternelles et élémentaires de la ville à la rentrée de septembre 2019.
Une fois de plus, la majorité municipale a refusé le débat sur les rythmes scolaires dans les écoles publiques de Villeurbanne. Pas de communication officielle par Jean-Paul Bret et son exécutif de cette décision au conseil municipal. Notre assemblée municipale, démocratiquement élue, représentant les citoyens de notre ville, est par définition le lieu où se débat la politique de notre commune, où se confrontent les points de vue et les propositions.
Les seuls débats au conseil municipal sur le maintien de la semaine de 4 jours et demi ont été provoqués par les questions répétées des élus de notre groupe depuis 5 ans !
En juin 2017, le ministre de l’Éducation nationale a donné son feu vert au retour à la semaine de 4 jours dans le primaire. Depuis 20 mois, 92 % des communes de France ont fait le choix de revenir à la semaine de 4 jours.
À Villeurbanne, la municipalité a joué la montre ! Elle a organisé une soi-disant concertation sur 9 mois, en consultant les parents d’élèves, les enseignants – qui ont manifesté leur opposition à la semaine des 4 jours et demi – et les agents de la ville dans 8 écoles seulement sur Villeurbanne. Les réseaux sociaux sont mobilisés, des tables rondes réunies, tout cela à grand renfort de communication bien huilée.
Une seule question : pourquoi ne pas consulter TOUS les parents et TOUS les enseignants par un vote démocratique que nous avons demandé en mars 2018 ? Un but caché : conserver par idéologie la réforme Peillon !
Comment revenir sur une réforme des rythmes scolaires défendue et portée 5 ans plus tôt.
Tout cela est bien loin de l’intérêt de l’enfant, de l’école des savoirs et de la réussite !

Régis Lacoste,
Groupe Les Républicains – Changeons Villeurbanne

Démocratie et modernité

La démocratie remonte à l’Antiquité. Toutefois, les réseaux sociaux et la révolution numérique en cours ont bouleversé notre perception de la gestion publique. La révolte des gilets jaunes en atteste crûment !
« La démocratie est le pire système de gouvernement, à l’exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l’histoire » a déclaré W. Churchill en 1947. Cela veut bien dire que la démocratie a de nombreux défauts, mais que les autres formes de gouvernement sont pire !
La démocratie est principalement représentative, c’est-à-dire que nous élisons nos représentants. Ainsi les élus agissent pendant leur mandat au nom du peuple. C’est mieux, par principe, que des représentants autoproclamés, y compris comme dans le mouvement des gilets jaunes. Cela a des limites et J. Clarke disait en 1870 : « La différence entre l’homme politique et l’homme d’État est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération. »
En effet, les démocraties ont tendance à vouloir faire plaisir au peuple, par exemple en améliorant le pouvoir d’achat à court terme, alors que les dictatures, comme la Chine, peuvent imposer des politiques industrielles ambitieuses permettant des améliorations du pouvoir d’achat à moyen et à long terme.
La démocratie participative essaye de corriger les défauts de la démocratie représentative. L’usage du référendum, qui peut être d’initiative populaire, est une idée défendue depuis plus de trente ans. La limite est que la question posée par un référendum peut être imprécise voire simpliste. Pourtant avec le brexit, la question était très claire, mais seuls les élus en charge de le faire appliquer ont compris l’imbroglio de la question de la frontière en Irlande. De plus, certaines avancées sociétales se sont faites contre une majorité de l’opinion, qui depuis y souscrit pleinement : IVG, abolition de la peine de mort, le PACS, voire le vote des femmes. La démocratie participative pourrait aboutir à une société très conservatrice. La consultation via le Net est sans doute une piste prometteuse.

Hervé Morel,
Groupe centriste UDI

Nous voulons des coquelicots !

Depuis septembre 2018, tous les premiers vendredis du mois, se retrouvent devant les mairies de France, des citoyens demandant le retrait des pesticides.
Le temps n’est plus à l’étude de savoir si les intrants sont dangereux ou non pour notre santé. Toutes les études – non financées par les lobbies – concluent les mêmes résultats : ils provoquent cancers, maladies de Parkinson, troubles psychomoteurs chez les enfants, infertilités, malformations à la naissance, etc. Les pesticides polluent également les sols, l’eau et détruisent la biodiversité. Le tiers des oiseaux a disparu en 15 ans, la moitié des papillons en 20 ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards. Les plantes sauvages se font rares. Les insectes sont en voie d’extinction, faisant planer la menace d’un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels ».
Le temps est à l’action et le gouvernement du président Macron, en annonçant le report de l’interdiction du glyphosate, n’a clairement pas pris la mesure du danger imminent. Il avoue de fait son accointance avec les lobbies.
Il est urgent que, nous citoyens, disions notre inquiétude face à cette destruction de la vie et demandions des actions. Nous ne pouvons plus être attentistes de gouvernements successifs qui remettent l’état de notre planète et de notre santé au sort des industriels de l’agro-chimie, qui défendent des intérêts économiques au détriment du bien commun, qui vendent toujours plus de pesticides car les ventes ne baissent pas, au contraire, elles augmentent.
Nous vous invitons à signer, vous aussi l’appel. La démarche s’inscrit dans la foulée des Marches pour le climat initiées en France. Les enjeux des pesticides sont étroitement liés aux enjeux climatiques, car ils touchent des dérèglements environnementaux jamais atteints.
Nous vous appelons à rejoindre les citoyen•ne•s et élu•e•s locaux qui se rassemblent chaque premier vendredi du mois, à 18 h 30, devant l’hôtel de ville de Villeurbanne : agissons ensemble pour l’écologie, pour notre avenir à tous !

Zémorda Khelifi,
Groupe Rassemblement citoyen EELV-Front de gauche

L’art de persévérer dans l’erreur

La consommation de cannabis n’est pas encore légalisée à Villeurbanne que déjà les effets secondaires se font ressentir dans les discours du maire. Ainsi lors de ses vœux nous avons appris que la commune est devenue la ville des nouvelles solidarités et de la démocratie participative ! De telles déclarations ne relèvent plus de l’habituelle fanfaronnade pré-électorale mais de l’affabulation narcissique et de l’aveuglement. On doute que les habitants fassent le même constat. La ville a bien changé, oui mais en pire : bétonnage massif et architecture hideuse défigurent la ville, explosion de l’insécurité, communautarisme et islamisation des quartiers. L’équipe municipale est dépassée dans de nombreux domaines. La question du trafic de cannabis est le grand fiasco du mandat. Depuis des années nous ne cessons d’alerter sur les conséquences de ce trafic. Résultat on aboutit à une banalisation du trafic et des dealers qui pourrissent le quotidien des habitants. La municipalité au lieu de reconnaitre ses errements a lancé une vaste consultation auprès des habitants avec pour objectif la légalisation du cannabis ! L’argumentaire est basé sur un raisonnement simpliste, c’est parce que le cannabis est interdit qu’il engendre des trafics et des nuisances, la solution est donc la légalisation ! On oublie au passage d’évoquer la question de la santé publique qui justifie amplement cette interdiction et les effets qu’entrainerait cette légalisation. De plus cela n’éradiquera pas le trafic, les dealers s’adapteront en passant au commerce des drogues dures. C’est ce même raisonnement laxiste et ubuesque qu’appliquent depuis 40 ans les partis du système pour traiter les maux de notre pays (invasion migratoire, délinquance, islamisme) avec les résultats catastrophiques que l’on connait !
Sur toutes ces questions il est temps de passer à une autre politique sans doute moins tolérante mais plus réaliste et efficace.

Stéphane Poncet,
Groupe Rassemblement National

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