OPINIONS - Tribunes des partis politiques - Viva n°390 (septembre 2026)

Note de la rédaction : ces textes sont des tribunes libres, émanant des groupes politiques représentés au conseil municipal et publiées sous leur responsabilité. Nous les publions dans Viva et sur Viva en ligne, in extenso.

Pouvoir vieillir librement, dignement et entouré 

Comme pour le changement climatique, la transition démographique exige de nous une capacité d’adaptation collective. Dans les années à venir, Villeurbanne comptera plusieurs milliers d'habitants de plus de 65 ans supplémentaires. Face à cette réalité, deux chemins sont possibles : regarder le vieillissement comme un problème ou le considérer comme ce qu'il est avant tout, une conquête humaine et un défi politique. Nous faisons le choix de l'anticipation plutôt que de l'inquiétude. Le débat public enferme le vieillissement dans une vision comptable, où l'on ne parle que de retraites, de dépendance ou de dépenses de santé. À force d'évoquer un prétendu "tsunami gris" ou "péril vieux", on oublie l'essentiel : derrière les chiffres, il y a des femmes et des hommes, des parcours de vie, des engagements, des solidarités. Accompagner le vieillissement, c’est construire une ville où chacun pourra continuer à se déplacer, accéder à ses droits, se loger, préserver sa santé, maintenir des liens sociaux et participer pleinement à la vie collective. C'est tout le sens du programme de la Semaine Bleue 2026, début octobre, qui mettra à l'honneur une vision du vieillissement fondée sur l’engagement. Les seniors ne sont pas seulement des bénéficiaires de politiques publiques : ils sont d'abord des citoyens, des bénévoles, des aidants, des grands-parents, des acteurs essentiels de la cohésion sociale. Nous souhaitons faire de Villeurbanne une ville où chacun puisse vieillir librement, dignement et entouré. Une ville fidèle à la promesse républicaine : garantir la liberté par l'autonomie, l'égalité par l'accès aux droits et aux services, et la fraternité par une solidarité concrète envers les plus vulnérables.
Contact : contact.vsrc@mairie-villeurbanne.fr

Groupe Villeurbanne socialiste, radicale et citoyenne

 

Le droit de grandir au contact de la nature

Si certains l’avaient oublié, l’été que nous venons de vivre nous le rappelle avec brutalité : le dérèglement climatique nous concerne tous. Nos enfants, pour qui ces périodes caniculaires risquent de devenir la « norme », en sont les témoins et victimes. Il est de notre devoir de leur offrir des espaces pour respirer, jouer, apprendre et grandir. À Chamagnieu, 32 hectares de nature permettent d'observer la biodiversité, jardiner, jouer ou simplement se rafraîchir sous les arbres. Cet été il a accueilli près de 1 300 enfants et des adolescents pour des séjours sous tente. Cet équipement municipal répond également à une réalité sociale (près de 40% des français ne partent pas en vacances) en accueillant des séjours familles organisés dans le cadre du Programme de Réussite Éducative. Dès la rentrée nous poursuivrons nos investissements que ce soit par la rénovation et l’agrandissement de la cour de l'école Jules-Guesde avec davantage de place à la végétation, à l'ombre et à la fraîcheur, que par l'ouverture du gymnase Alice Milliat et la rénovation du gymnase Matéo. Préparer l'avenir, c'est donner à chaque enfant les moyens de grandir dehors, de bouger et de s'épanouir, afin de répondre à des enjeux de santé publique mais aussi de lutte contre l’isolement. L’État étant en incapacité de satisfaire à ces besoins, les Écologistes démontreront au niveau local que l’impuissance n’est pas une fatalité et que l’adaptation au changement climatique est un enjeu de justice sociale.
Contact : lesecologistes@mairie-villeurbanne.fr

Groupe Les Ecologistes

 

Violences sexistes et sexuelles, des actions à la hauteur de l'urgence

 Les violences sexistes et sexuelles ne sont ni des faits divers, ni des fatalités. Elles sont le produit de rapports de domination qu'il est de notre responsabilité collective de combattre. La proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, construite avec plus de 150 associations féministes, marque une avancée majeure. Parce qu'elle agit sur toute la chaîne des violences - prévention, détection, protection des victimes, formation des professionnels-, le groupe Génération.s L’Après appelle à son adoption rapide.  Mais une loi sans moyens est une promesse vide. Les associations évaluent les besoins à 2,6 milliards d'euros : au gouvernement d'investir enfin à la hauteur de l'urgence. À Villeurbanne, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles est un engagement de longue date. L'implantation sur notre territoire de l’association pionnière VIFFIL, comme le soutien constant qui lui est apporté, en est une illustration. Fidèle à cet héritage, notre majorité poursuit cette ambition avec la mise en place durant le mandat d'un dispositif d'appui et de soutien aux victimes de violences. Face aux violences sexistes et sexuelles, nous refusons les demi-mesures. Le groupe Génération.s L’Après continuera à défendre des politiques publiques ambitieuses, financées à la hauteur des enjeux, pour faire reculer durablement les violences contre les femmes et les enfants. 

 Groupe Génération L’APRES

 

Narcotrafic : regarder la réalité en face 

Nous devons regarder la réalité en face. Les faits divers violents se multiplient et leur nature inquiète autant que leur fréquence. Des règlements de comptes éclatent dans nos rues, à coups d’armes blanches ou d’armes à feu. Une violence autrefois exceptionnelle s’installe dans le quotidien. Nous refusons de nous y habituer.Au cœur de cette violence se trouve le narcotrafic. Il pourrit tout ce qu’il touche, gangrène des quartiers, exploite des jeunes, génère intimidations et violences, alimente la circulation des armes et impose progressivement sa loi aux habitants. L’État doit prendre pleinement la mesure de ce qui se joue dans la métropole et à Villeurbanne. Police et Justice doivent disposer des moyens nécessaires pour identifier les réseaux, remonter à leurs têtes, saisir leurs avoirs et mettre durablement fin aux points de deal. Nous dénonçons le déni de ceux qui minimisent encore la gravité de la situation ou refusent d’augmenter les moyens consacrés à la lutte contre ceux qui imposent leur violence aux habitants. Bien sûr, la répression ne suffira jamais seule. L’éducation, accompagnement des familles, politiques jeunesse et lutte contre la pauvreté demeurent indispensables. Opposer prévention et répression est une impasse. Pas un quartier, pas une rue, pas un hall d’immeuble ne doit être abandonné. Aucune violence ne doit devenir « normale » sous prétexte qu’elle se répète. Face au narcotrafic qu’il engendre, il est temps que l’État hausse le niveau de sa réponse.

Jonathan Bocquet 
Groupe Place Publique

 

Notre maison brûle, cessons de regarder ailleurs !

Avec ses canicules à répétition, ses records de chaleur et ses mégafeux, cet été 2026 reste « hors normes », avec en Gironde et dans les Landes, plus de 40 000 hectares brûlés et près de 220 000 per-sonnes évacuées. Grâce au courage des pompiers, des agents et des bénévoles, les feux ont pu être maîtrisés et la plupart des habitants ont pu rentrer chez eux. Malgré les dénégations du gouvernement, le manque de moyens à disposition est patent avec 1 800 centres de secours supprimés en vingt ans, plus de 1 000 camions-citernes perdus et une flotte de vingt-trois avions dont douze Canadair hors d’âge avec une moyenne de trente ans ! Face au feu, l’austérité a désarmé la République, de même qu’une gestion forestière dictée par les exigences du capital a favorisé dans le massif des Landes une monoculture dense de pin maritime pour maximiser les prélèvements et la rentabilité, favorisant les incendies. Face à cette politique, le PCF propose une loi de programmation forestière et un grand service public forestier, tout en planifiant la réouverture de casernes rurales, le renforcement des SDIS, la production en France et en Europe de bombardiers d’eau, l’investissement dans la télédétection, les points d’eau, les pistes forestières, et l’ouverture de bases permanentes comme à Mont-de-Marsan, ainsi que le re-crutement immédiat de
2 000 pompiers. En attendant, nous serons aux côtés de l’intersyndicale des pompiers qui appelle à une manifestation le 29 septembre pour exiger plus de moyens !

Groupe Communiste et Républicain

 

Sécurité : agir ensemble, au-delà des clivages

La succession de faits très graves survenus récemment à Villeurbanne suscite légitimement de l’inquiétude. Ils n’ont ni les mêmes causes ni les mêmes réponses, mais leur gravité exige une action déterminée des pouvoirs publics. Aucune forme de violence ne doit être banalisée. L’État doit assumer ses responsabilités en donnant à la police nationale et à la justice les moyens humains nécessaires. Mais la municipalité doit aussi agir sur ce qui relève de sa responsabilité directe : la police municipale. Le mouvement de grève du début de l’été a révélé des difficultés d’effectifs, de fidélisation et de conditions de travail. Nous saluons le professionnalisme des policiers municipaux qui exercent leurs missions dans un contexte souvent difficile. Fin juin, VPC avait proposé qu’un débat municipal soit organisé sur la sécurité et la tranquillité publique, réunissant l’ensemble des sensibilités du Conseil municipal. Cette proposition a été refusée. Nous le regrettons : un sujet aussi essentiel nécessite de dépasser les clivages politiques pour rechercher ensemble les solutions les plus efficaces. C’est dans cet esprit que dès la rentrée, nous poursuivrons notre engagement de faire vivre le débat au-delà du Conseil municipal. Après deux rencontres au printemps, les élus VPC poursuivront ces échanges pour préparer les conseils avec les Villeurbannaises et les Villeurbannais.
Pour recevoir les invitations : contact@villeurbanneprintempscitoyen.fr 

Groupe Villeurbanne Printemps Citoyen

 

Pour une école de qualité réellement gratuite !

En cette rentrée, alors que chaque passage en caisse rappelle que la vie est chère, l’école ne doit pas devenir une dépense de plus pour les familles villeurbannaises. Nous proposons une cantine scolaire gratuite pour tous les élèves, sans condition. Une mesure finançable sans augmenter vos impôts. C’est un choix politique que la majorité refuse de faire, préférant une tarification sociale qui maintient les inégalités. Nous proposerons également qu’un kit de fournitures scolaires soit remis à chaque enfant de Villeurbanne. Une école de qualité, c’est aussi des personnels reconnus et des conditions de travail dignes. Trop d’agents périscolaires et de cantine restent précaires : la Ville doit leur proposer des contrats de travail stables et un salaire à temps plein, tout en poursuivant les recrutements. C’est enfin des écoles adaptées au changement climatique. La rénovation thermique des bâtiments scolaires doit être une priorité. L’inaction de la majorité ne fait qu'augmenter le mécontentement. Nous continuerons à exiger des réponses claires sur les fermetures et non-ouvertures de classes, comme sur la mise aux normes des locaux. Nous nous tiendrons aux côtés des parents d’élèves, enseignants et organisations qui luttent pour de meilleures conditions d’accueil et d’apprentissage dans nos écoles. Belle rentrée à toutes et à tous !
Instagram :  @eluslficitoyensvilleurbanne

Groupe Élu.es insoumis.es et citoyen.nes de Villeurbanne

 

La mobilité de demain se construit avec des moyens concrets et avec tous

Pour conduire une bonne politique de mobilité, il faut partir de la réalité des Villeurbannaises et des Villeurbannais — leurs horaires, leurs métiers, leurs contraintes — pour construire avec eux une ville plus apaisée. Nous saluons le travail de l’Assemblée Citoyenne qui après trois ans d’enquête a délivré un document sérieux. Nous partageons les constats sur l’évolution des mobilités, la vulnérabilité des piétons, ou l’enjeu de la qualité de l’air. Plusieurs propositions relèvent du bon sens : sécuriser les abords des écoles, développer les pédibus, l’apprentissage du vélo, etc. Notre responsabilité est aussi de mesurer l’application concrètes des mesures proposées en les mettant face au quotidien : pour le parent qui emmène ses enfants, l’artisan qui charge sa camionnette, l’aide à domicile qui enchaîne ses tournées. Et sur ce point, il y a des angles morts. Le renforcement des contrôles pose la question des moyens, humains comme financiers qui nous manquent encore. Les restrictions sur les livraisons ignorent les contraintes des professionnels et ne peuvent être efficaces sans coordination métropolitaine. Quant à la zone à trafic limité, elle risque aujourd’hui de reporter les nuisances sur d’autres quartiers. Même prudence sur l’extension du stationnement payant : sans alternatives crédibles, elle sera vécue comme une contrainte injuste supplémentaire. Car avant de demander aux habitants de renoncer à leur voiture, encore faut-il leur offrir une offre de transports en commun suffisamment accessible et performante. Oui à une ville plus apaisée, mais à cinq conditions : des moyens réalistes, une concertation avec les habitants et les acteurs économiques, une coordination avec la Métropole, un calendrier cohérent avec les chantiers en cours, et une attention particulière à celles et ceux pour qui la voiture reste une nécessité.

 Groupe Avenir Villeurbanne

 

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