Jacky Perez : On chauffait la salle du Palais d'hiver !

Il a l’âge des Stones qu’il a vus sur la scène du Palais d’hiver. Où lui-même a joué au début des années soixante avec un groupe yéyé. Depuis, Jacky Perez s’est tourné vers le jazz non sans avoir joué longtemps dans différents orchestres et animé, notamment, les matches de l’Asvel.
Jacky Perez : On chauffait la salle du Palais d'hiver !

« Le nom de notre groupe était Les Gones rock. J’ai rencontré ses membres en 1963 au kiosque Bellecour, à l’occasion d’un concours de rock and roll. C’était un groupe yéyé lyonnais. Il leur manquait un guitariste. J’avais 17 ans. Nous avons fini deuxième au concours et comme les deux premiers groupes gagnaient un contrat au Palais d’hiver, nous y avons joué pendant deux ans.

À l’époque, il y avait des bals presque tous les soirs. Nous, on ouvrait la soirée avec cinq ou six chansons, des tubes de l’époque. On chauffait la salle. Suivait l’orchestre de danse avec sept à huit musiciens qui donnaient des pasos, des tangos, des mambos, du rock… Puis arrivait la vedette : Enrico Macias, Dalida, les Chaussettes noires, Petula Clark, Jacques Brel…

Il n’y avait pas des vedettes tous les jours, il y avait le bal de la coiffure, de la boucherie…

Dans le contrat, nous devions aussi jouer au West side Club les fins de semaine. Un club attenant et propriété du Palais d’hiver qui ne passait que des groupes yéyés.

J’ai quitté les Gones au moment du service militaire mais je suis retourné au Palais d’hiver en tant que spectateur. J’y ai vu les Beatles en juin 1965, grâce à un adjudant sympa qui m’a donné une permission. Les gens avaient couché la veille devant le Palais d’hiver, c’était énorme. Le groupe n’avait fait que trois salles en France : Nice, le Palais d’hiver et l’Olympia. Il ne fallait pas les louper. J’y ai vu aussi les Rolling Stones.

Au retour de l’armée, je me suis inscrit au conservatoire et là j’ai travaillé le piano et les cuivres. Puis, j’ai monté un petit groupe de jazz qui existe encore à l’heure actuelle et j’ai aussi créé Trio Jazz il y a 10 ans.

Pendant des années, j’ai joué dans les orchestres de bal mais aussi dans les maisons de retraite de Villeurbanne, à la demande de Charles Hernu qui voulait de la musique dans toutes les résidences. J’ai animé Château-Gaillard, Marx-Dormoy, le Tonkin et Jean-Jaurès, tous les jeudis, pendant quinze ans et, à partir de 1984, les matches de basket de l’Asvel, salle Raphaël-de-Barros, pendant huit ans. Nous étions trois ou quatre musiciens, dont mon cousin, Maurice Lashebe, qui m’a toujours accompagné depuis 1962. Une pointure en accordéon. On faisait vingt-trois soirées par saison ; on jouait pendant une heure, sur le bord du terrain.

On a accompagné quatre matches de l’Asvel à Gerland avec 12 000 personnes. C’était du temps d’Alain Gilles. Quelqu’un d’extrêmement gentil. Il m’a même offert un maillot dédicacé en souvenir.

On a arrêté de jouer quand l’équipe est partie à l’Astroballe. Il y avait une cabine et un gars pour mettre des disques, c’était plus moderne… »

 

 

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