[JEUNES RÉDACTEURS] La situation d'après-confinement imaginé par le comité "Jeunes à Villeurbanne"

Le comité de rédaction "Jeunes à Villeurbanne" s'est amusé à imaginer ce qui pourrait se produire après le confinement. Nous avons ainsi élaboré plusieurs théories, allant du scénario qui nous semblait vraisemblable dans un futur proche, à des suppositions sur une temporalité plus lointaine et digne d'un roman de science-fiction. Vous trouverez ici une analyse d’un futur proche, propre au comité éditorial.

La situation d'après-confinement en France et dans le monde imaginé par le comité éditorial jeunes.

Cela fait plusieurs mois que le confinement a été levé et, même s’il est encore difficile d’apprécier toutes les conséquences psychologiques et sociales de cette période, on constate, tout de même, plusieurs conséquences sur le comportement des français. On sait notamment que les problèmes de sommeil et de stress ont beaucoup augmenté. Pouvant être liés aux difficultés économiques que beaucoup connaissent ou aux logements surpeuplés et précaires (plus durs à supporter en période de confinement). Cette situation exacerbe les inégalités sociales, notamment dans le domaine de la santé. Paradoxalement, beaucoup de personnes ont décidé de prolonger leur confinement, craignant de tomber malades.

Alors que certains se referment sur eux, d'autres, au contraire, s'ouvrent aux autres, faisant naître un élan de solidarité que nous n'avions encore jamais constaté auparavant. Ainsi, depuis quelques semaines, des citoyens s'organisent pour aider les personnes en difficultés. Des gardes et des cours à distances sont mis en place pour aider les parents qui ne veulent pas que leurs enfants retournent à l'école mais qui craignent, en parallèle, de perdre leur emploi s’ils ne vont pas travailler. Des organisations se forment pour aider bénévolement les personnes âgées à faire leurs courses et s'occuper de leurs tâches ménagères. D'autres mettent en place des collectes de vêtements, de nourriture et autres biens de première nécessité pour aider les plus démunis. Des hôtels se sont transformés en refuges pour les personnes sans domiciles fixes, ainsi que pour les femmes et les enfants qui doivent quitter leur logement à cause de problèmes conjugaux. Certains hôtels ont même été transformés en hôpitaux. Le milieu du spectacle redémarre de son côté progressivement et innove : des artistes ont quitté les salles de spectacles et jouent, chantent et dansent dans les rues, pour que la culture soit accessible à tous. Un peu partout, on voit apparaître des bibliobus : de grands bus multicolores qui s'ouvrent comme le feraient des camions de restauration rapide, et prêtant des livres au lieu de vendre des glaces. Ils sillonnent les villes, les banlieues, les campagnes et font de l'ombre aux gros services de livraison.

Le CoVid-19 a aussi eu un impact mondial sur l’économie. Des petites start-ups aux entreprises des secteurs du BTP, de la culture ou du commerce, le travail et la situation des ménages ont pris un sacré coup. Seuls les géants du numérique types « GAFAM », qui ont parfois fait plus de bénéfices pendant le pire de la crise et qui ont porté à bout de bras l’économie, sont sortis plus forts du coronavirus et ont désormais un pouvoir imbattable. Bien heureusement, grâce aux gigantesques emprunts des pouvoirs publics, l’effondrement global a pu être (à peu près) évité. Certes, le chômage a bondi, les faillites de PME ont été nombreuses et ce sont surtout les ménages les plus en difficulté qui ont été impactés. À noter aussi que ces emprunts publics risquent d’accroître la dette pour certains pays déjà en difficulté… On ne devrait pas revenir de sitôt à la situation d’avant-Covid. Cependant, les grandes entreprises ont pu survivre grâce à ces investissements massifs, et avec ça la protection de millions d’emplois. Ce bis repetita de la crise de 2008 a donc permis d’éviter une réelle catastrophe économique laissant présager le pire. D’un autre côté, beaucoup ont critiqué le fait que ce sauvetage n’ait permis que de prolonger une économie à bout de souffle selon eux, sans développer une alternative pouvant vraiment répondre aux défis climatiques.

 L’environnement, parlons-en. Pendant ce confinement d’une grosse moitié de la planète, certains observateurs ont pu noter un recul notable, sur cette période, de la pollution en ville et du rejet global de Co2 bien moins important. Malheureusement, cela risque de n’être que de courte durée, et les émissions devraient repartir en flèche dès cet été. Les entreprises les plus polluantes n’ont rien changé à leurs méthodes, l’agroalimentaire non plus. Alors que certains espéraient des changements drastiques dans les méthodes de production, il n’en est rien. Le tourisme devrait être le grand absent de cet été 2020, pouvant avoir des conséquences économiques terribles sur les littoraux (la Corse, dont le tourisme représente 30% de son PIB va en subir les conséquences). Mais cela peut en outre être bénéfique pour la planète : les vols de croisière, les longs et nombreux trajets en voiture, ou même les dégradations des bords de mer ne seront que peu présents. Mais, là encore, la crise l’impose. Regardons alors vers un futur un peu moins proche : le coronavirus va-t-il faire prendre conscience aux gens de l’importance de réduire les trajets en avion ou d’adopter une attitude responsable ? L’affaiblissement économique des ménages, qui va grandement faire baisser la demande, donnera-t-il raison à l’environnement et l’utilisation raisonnée des ressources planétaires ? Rien n’est moins sûr.

Intéressante par ses répercussions sur de nombreux aspects de la société, la crise du coronavirus et ce confinement de deux mois est unique en son genre et a d’ores et déjà bouleversé nos comportements et nos modes de vie. Elle réinterroge notre mode de vie et de consommer, et atteint aussi les plus dominants politiquement et économiquement. Cette crise révèle enfin l’importance de l’État, pouvant être vu comme un sauveteur de l’économie, mais critiqué dans un même temps par son manque d’investissement dans plusieurs domaines (tel que l’hôpital public, proche de la saturation ces derniers mois), et par son manque de médiation face à la colère en banlieue, par exemple.

Sarah BY, Tanguy

 

 

 

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