ÉCONOMIE CIRCULAIRE VÉLO - Les ateliers de l’audace réparent et… bousculent les cadres !

Installés depuis trois mois au numéro 61 du cours de la République, Les ateliers de l’audace portent bien leur nom et réservent en effet des surprises ! Rencontre avec sa présidente : Priscillia Petitjean qui rue dans les brancards pour la concrétisation d’une mobilité douce partout en ville.

« J’ai trente ans et j’ai un parcours dans le domaine du social. Mon dernier poste a consisté à réaliser un atelier vélo au Foyer des sans-abris, dans le 7e à Lyon. Pendant le confinement du printemps 2020, j’ai fondé l’antenne lyonnaise des Coursiers solidaires pour mettre en lien des cyclistes et des personnes isolées ayant besoin de courses », explique Priscillia Petitjean, toujours en mouvement, toujours en bataille pour accroître la place du vélo dans les déplacements quotidiens. « Pour davantage de vélos dans les rues, il faut des ateliers d’entretien, de réparation et de conseils. Des ateliers de proximité, avec des gens motivés à l’intérieur », souligne-t-elle.

Visiblement, ses convictions circulent agilement, convainquent et emmènent. Depuis la mi-mai, à Villeurbanne, à proximité du Totem, son association Les ateliers de l’audace rassemble une dizaine de personnes investies 8 heures par jour, toute la semaine, bénévolement… « Nous faisons tout : réparations de vieux vélos, liens avec les fournisseurs, démarches partenariales, gestion des stocks, respect des règles sanitaires en vigueur, communication, etc. Notre objectif : pérenniser l’atelier et être en mesure de créer rapidement des contrats de travail. Nous sommes en attente d’une commission d’agrément pour bénéficier d’un soutien économique et passer à la vitesse supérieure », ajoute Priscillia Petitjean.

Pour Jocelyn, Frédéric, Xhorxh ou Thomas, qui étaient éloignés de l’emploi, l’aventure se tente… D’autant plus qu’au mot formation, on préfère ici : l’apprentissage, la transmission des gestes, l’entraide. « Le vélo en ville est en train d’exploser. Pour que cela se passe bien, il faut premièrement que les gens respectent le code de la route, et deuxièmement qu’ils aient du matériel fiable. Nous, on répare pour des sommes limitées », témoigne Jocelyn. Et pour éviter le gaspillage des vélos non entretenus, catastrophique pour l’environnement, la réparation, la réutilisation des matériaux, le réemploi, et la revente à bas coûts sont des étapes clés, en même temps que des creusets pour les nouveaux emplois. Des emplois qui s’inscrivent pleinement dans l’économie responsable et durable. « Dès les mois de septembre-octobre, nous viserons plusieurs objectifs : conforter nos missions d’apprentissage et de remise en selle, sortir du bénévolat pour aller vers des contrats, élargir le nombre de partenaires associatifs et institutionnels, trouver des locaux plus grands… ça fait beaucoup mais notre atelier de réparation compte une moyenne de soixantaine cycles, et ce chiffre va doubler ou tripler vus le contexte et les demandes… Il nous faut des moyens et de la place », conclut la présidente, déterminée à ne pas s’arrêter en chemin.            

 

 

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