Gilles Arnaud : « N’oublions pas les personnes autistes ! »

Alors qu’une prise de conscience au niveau national a lieu pour les personnes autistes en situation de confinement, via une toute nouvelle autorisation de sortie en voiture avec parent-accompagnant ou éducateur, le Villeurbannais Gilles Arnaud, administrateur de l’association Autisme 69, s’alarme de certaines situations.
Une durée moins restrictive des sorties et une autorisation de sorties en voiture : des mesures ont été prises pour les personnes autistes durant le confinement.

Toutes les situations sont différentes et difficiles en ces moments de confinement. Dans ce contexte, les familles confrontées aux troubles de l’autisme partagent des souffrances aggravées liées à l’arrêt de la plupart des activités et au manque de matériels adaptés à la situation. Gilles Arnaud, bénévole de l'association Autisme 69, partenaire d’Autisme France, évoque en tant que père ce qu’il constate, avec inquiétude.

« Nous avons un fils autiste de 32 ans, Sylvain, qui se trouve dans un foyer d’accueil médicalisé du Rhône. Nous sommes face à de nombreux questionnements… Dans un établissement qui compte une cinquante de pensionnaires en situation de handicap, et autant de personnels en charge du fonctionnement quotidien, les masques, blouses et tests de dépistage du Covid-19 manquent cruellement. J’ai connaissance de seulement trois tests pour une cinquantaine de résidents ! Par ailleurs, les personnes atteintes d’un autisme sévère ont particulièrement besoin d’activités et d’accompagnements. Depuis trois semaines, tout a été drastiquement réduit, suite aux directives officielles et au manque de moyens. Les sorties n’ont presque plus lieu. Je crains que les personnes autistes de ces établissements de soin ne vivent prochainement une réalité assez proche de celle des Ehpad actuellement… », explique Gilles Arnaud.

Pour ce Villeurbannais, les annonces faites par le Président de la République à l’occasion de la Journée mondiale de l’autisme, le 2 avril, c’est-à-dire une durée moins restrictive des sorties et une autorisation de sorties en voiture, « montrent un début de prise de conscience des autorités »…

« Il est nécessaire d’adapter les règles du confinement à ce public… Etre conduit, être en voiture, par exemple, est une situation qui apaise souvent les personnes autistes. C’est essentiel pour faire face à ce confinement qui a parfois tout du mystère pour ces personnes », ajoute ce retraité de l’enseignement.
 

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