Tonkin : la sécurité au cœur d'une réunion publique

Lors d’une réunion publique organisée à l’Espace Tonkin, lundi 27 novembre, habitantes et habitants ont pu livrer leurs témoignages et poser leurs questions concernant la sécurité du quartier, marqué par trois fusillades début novembre et l’augmentation des tensions dues au trafic de stupéfiants.
Les questions du public lors de la réunion publique sur la sécurité au Tonkin, à Villeurbanne

Les questions du public lors de la réunion publique sur la sécurité au Tonkin, à Villeurbanne

450 personnes étaient réunies à l’Espace Tonkin, lundi 27 novembre. La réunion publique a été pensée comme une rencontre entre les habitants et habitantes, le maire Cédric Van Styvendael, les élus de la Ville, Juliette Trignat, préfète déléguée à la défense et à la sécurité du Rhône, Jérôme Bourne Branchu, directeur académique des services de l’Education nationale du Rhône et le commissaire de police nationale Antoine Reymond. 

En introduction, Cédric Van Styvendael a évoqué l’opération « Place Nette », déployée au Tonkin le matin même sous le contrôle du procureur de la République. « Cette opération était prévue depuis plusieurs semaines et illustre le travail de fond que nous souhaitons mener mais ce n'est pas suffisant [...] Je comprends la colère, l’angoisse et l’envie que ça change. Pour cela, nous avons besoin de maintenir le lien de confiance entre la Ville, les habitants et l’Etat ». 

> Lire aussi  la lettre du maire envoyée aux habitantes et aux habitants du Tonkin.

Inquiétudes partagées

De nombreux habitants et habitantes ont pu s’exprimer lors de la réunion publique. Tous ont bien entendu manifesté leur inquiétude concernant les conséquences du trafic de stupéfiants dans le quartier, à commencer par les coups de feu, le risque pour les enfants dont les écoles et le collège sont situés à proximité de points de deal, la dégradation des espaces publics mais aussi des immeubles d’habitation…

Le maire de Villeurbanne était entouré de représentants de la préfecture, de la Police nationale et de l'Education nationale.

Les premières questions concernent les moyens à mobiliser : davantage de caméras de surveillance ? Une présence policière permanente ? Des accès murés pour éviter le passage des dealers ?... 

« Du côté de la Ville, nous sommes passés de 30 à 52 policiers municipaux sous ce mandat, a indiqué Yann Crombecque, adjoint à la sécurité, mais les équipages sont mobilisés sur toute la ville, ils ne peuvent pas se concentrer uniquement sur le Tonkin ». 

Le commissaire Antoine Reymond a rappelé que des opérations d’investigation étaient en cours, notamment grâce à la mise à disposition des images des caméras installées par Ville, afin de fermer durablement les points de deal identifiés : « Ces opérations sont longues et peu visibles du grand public, mais nécessaires pour éviter la reprise ou le déport d’un point de deal. Les caméras de surveillance servent à l’identification et à l’investigation mais ne permettent pas d’interpeller directement. Cependant nous avons intensifié les contrôles ces dernières semaines à l’encontre des trafiquants et des acheteurs ».

Comment faire pour que ça change ? 

Le collectif d’habitants Tonkin Paix’sible, très mobilisé contre le trafic dans le quartier, a adressé il y a quelques semaines un courrier au ministère de l’Intérieur pour demander plus de moyens. S’adressant à la préfète déléguée à la défense, un des membres du collectif demande : « Quel est votre objectif dans 6 mois ? Qu’est-ce qui sera fait et visible pour les habitants ? » Mais la réponse de Juliette Trignat peine à convaincre le public : « Mon objectif, c’est que dans 6 mois vous me dites que ça aille mieux ».

Le maire de Villeurbanne Cédric Van Styvendael répond aux habitantes et aux habitants du Tonkin.

« On ne va pas se mentir, personne ne va éradiquer le trafic de drogue en 6 mois, souligne Cédric Van Styvendael. La Ville a un rôle à jouer, mais elle fait sa part et ne peut agir seule ». Pour le maire, la question de la prévention est aussi au cœur des préoccupations : « Nous avons créé deux postes d’éducateurs à temps plein au Tonkin, tous deux pourvus ». 

Prévention, médiation, veille, investigation, verbalisation des consommateurs, présence policière, mobilisation des bailleurs sociaux… L’amélioration de la situation au Tonkin passe par plusieurs canaux : « On a besoin de toutes les énergies mobilisées, a conclu le maire de Villeurbanne. Il faut garder ce que vous, habitants, collectifs, associations, avez réussi à construire en matière d’engagement et de relation ». 

Cédric Van Styvendael a proposé à tous de se revoir pour un point d’étape dans six mois.

 

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